Pour Henri Salvador, le designer Philippe Dagenais a conçu à Montréal un appartement tout blanc.
Pour un changement, c'en est un. D'abord, c'est un loft de 1200 pi2, à aires ouvertes, plafond et colonnes de béton, parquet de bois clair, moderne, dépouillé, pensé à l'américaine, lui qui vit dans la tradition classique. Et puis c'est blanc, justement, lui qui aime les couleurs des Antilles, la douceur provençale.
Est-ce qu'il ne craint pas d'être dépaysé? «Pourquoi? Vous êtes si sympathiques! J'apprécie votre gentillesse, votre côté pro-français.» Et encore: «Il est merveilleux votre pays, on dirait la France d'avant-guerre. J'ai été enthousiasmé par l'accueil. Vous cherchez une rue. On vous dit: "Je vous y amène."»
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Aussi gentiment, monsieur Henri nous a ouvert la porte de son loft tout blanc. Et c'est à un parcours à travers cette non-couleur, qu'elle se maquille de crème, de miel ou de sable, que nous invite la mise en situation de Philippe Dagenais.
«Le blanc, raconte le designer, illumine les intérieurs et peut se décliner à l'infini... Il n'est pourtant jamais uniforme. Pour monsieur Salvador, j'ai décliné la palette des blancs de Benjamin Moore. Je l'ai mariée à d'autres blancs, ceux des tissus de lin, de laine et de velours, des matières chaleureuses qui lui feront oublier nos froids hivers. Enfin, j'ai dessiné la plupart du mobilier que j'ai fait réaliser sur mesure.»
Ajoutons que Philippe Dagenais a selon son habitude misé sur la géométrie des formes et joué les ponctuations graphiques, créé des symétries pour aussitôt les casser, et évité les accumulations. À la recherche d'une certaine sérénité, il a conçu un décor épuré, orchestré avec ordre et méthode. Monsieur Henri devrait s'y trouver bien.
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