Pour Henri Salvador, le designer Philippe Dagenais a conçu à Montréal un appartement tout blanc.
Il est né en Guyane, à Sinnamary, rue de la Liberté - c'est déjà tout un programme - le 18 juillet 1917. Il ne sera ni avocat ni médecin, pas davantage pharmacien comme le rêvaient ses parents, mais chanteur.
Duke Ellington et Louis Armstrong ont décidé de sa vocation. Musicien de jazz, chanteur de charme, crooner à la façon de ses idoles, Nat King Cole et Frank Sinatra, Henri Salvador a eu un parcours délirant, fait de loufoquerie, de fantaisie, d'humour, de finesse et de mélancolie.
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Dans les années 1930, il tournait avec Ray Ventura et ses Collégiens. Tout va très bien, madame la marquise... Il interprète «Clopin-Clopant», une chanson de Pierre Dudan, mais aussi ses propres compositions. «Parce que ça me donne du courage», «Une chanson douce», «Syracuse»... Des standards qui ont fait le tour du monde. Il a ainsi composé plus de 3000 chansons «que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître».
Mais voilà qu'en 2000, le vieux renard fait le plus épatant des come-back. Chambre avec vue est jugé meilleur disque pop-variété de l'année et lui vaut d'être élu meilleur artiste de l'année. En 2003, il récidive avec un nouveau CD, Ma chère et tendre, entre bossa nova, balade jazzy et swing. La vie retrouve une grâce rieuse. Depuis, il n'arrête plus. Il n'a pas encore 90 ans. Monsieur Henri a tout le temps de prendre sa retraite.
Comment fait-il? «Le yoga a développé mes poumons, je ne chante pas avec la gorge, je chante dans le souffle, je caresse l'oreille.» Dans une entrevue accordée au magazine L'Express au printemps 2001, il expliquait: «Celui qui chante dans le souffle fait la laalaaaa, laaaaa, tout près du micro. Il donne des ailes aux mots.»
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